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NexPhone : le smartphone à 500€ qui bascule en Debian ou Windows 11 — remplace‑t‑il enfin votre PC ?

L’idée d’un appareil unique capable de remplacer à la fois votre smartphone et une partie de votre parc informatique revient régulièrement, mais le NexPhone entend la concrétiser avec une approche pragmatique : un téléphone Android 16, capable d’exécuter Debian en tant qu’environnement applicatif et même de démarrer Windows 11 en dual‑boot. Plutôt que viser des chiffres de specs ultrapuissantes, Nex Computer propose un produit pensé pour être utile au quotidien, hybride et durable — voyons en détail ce que promet ce projet audacieux.

Un téléphone, trois environnements

Le NexPhone propose une philosophie claire : couvrir plusieurs usages sans multiplier les appareils. Concrètement, il s’articule autour de trois modes :

  • Android 16 en usage « smartphone » standard, léger et optimisé pour laisser place au stockage et à la fluidité ;
  • Debian accessible via NexOS comme application, avec accélération GPU pour un comportement proche de celui d’un PC Linux classique ;
  • Windows 11 en dual‑boot après redémarrage, pour exécuter des logiciels natifs et des workflows Windows plus lourds.
  • Cette configuration permet d’envisager le téléphone comme un véritable outil hybride : on peut répondre aux courriels et messages sur Android, basculer en Debian pour du développement ou de l’édition légère, et redémarrer en Windows pour des usages spécifiques (applications professionnelles, suites logicielles non disponibles sur Linux/Android).

    Design et choix techniques

    Nex Computer a opté pour un design robuste, inspiré de son expérience avec les NexDock, afin de viser les utilisateurs mobiles et exigeants. Les caractéristiques relevées pour le NexPhone sont : un SoC Qualcomm QCM6490, 12 Go de RAM, 256 Go de stockage, un écran 6,58 pouces 120 Hz, caméra principale Sony IMX787 de 64 MP, 5G, recharge sans fil et sortie vidéo. L’appareil inclut aussi un hub USB‑C dans la boîte — un petit geste utile pour connecter écran et périphériques sans chercher d’adaptateur.

    Le choix du QCM6490 (plateforme qualcomm destinée aux dispositifs convergence) et d’un GPU accéléré pour Debian traduit la volonté d’assurer une expérience Linux utilisable, pas seulement symbolique. Nex vise la praticité plutôt que l’illusion — l’objectif est d’avoir un environnement Linux fluide pour des tâches réelles, et non un terminal « gadget ».

    Comment ça marche en pratique ?

    Dans les faits, le NexPhone se comporte comme un smartphone classique en Android : applications, appels, navigation. Pour utiliser Debian, on lance NexOS : un conteneur/applications Linux qui profite de l’accélération matérielle. Cela permet d’exécuter des environnements de développement, des outils de retouche, ou des workflows compatibles Linux avec une latence réduite.

    La bascule vers Windows 11 est plus formelle : elle nécessite un redémarrage et initie un dual‑boot. C’est un choix pragmatique — Windows reste un système exigeant et, pour être pleinement compatible, exige un démarrage natif. Une fois connecté à un écran via la sortie vidéo, le NexPhone peut ainsi offrir une expérience proche d’un PC : bureau, souris, clavier, tout en restant un téléphone dans la poche.

    Usages concrets : qui y gagne ?

  • Les professionnels nomades qui veulent réduire le nombre d’appareils transportés : téléphone + poste de travail ponctuel.
  • Les développeurs et makers appréciant un accès natif à Linux avec accélération GPU pour compiler, tester ou éditer où qu’ils soient.
  • Les voyageurs et freelances qui souhaitent pouvoir dépanner / travailler rapidement sur Windows sans transporter un laptop.
  • Pour beaucoup d’utilisateurs, le NexPhone ne remplacera pas immédiatement un PC gaming ou une station de travail haut de gamme, mais il peut très bien servir de machine secondaire polyvalente, pratique pour des tâches bureautiques, du développement léger, ou pour piloter des présentations et des démonstrations sur écran externe.

    Production, disponibilité et modèle économique

    Nex prévoit une première série avec livraison au troisième trimestre 2026. Le modèle retenu privilégie des composants disponibles à volume restreint, avec un engagement de support long terme de la part du fabricant de la plateforme jusqu’en 2036 — un argument rassurant pour qui cherche une alternative durable. Le prix annoncé tourne autour de 500 € : une précommande remboursable d’environ 181 € permet d’obtenir un accès anticipé. Le solde (~319 €) sera à régler à l’expédition, hors frais de port et taxes.

    Ce positionnement tarifaire est intéressant : il place le NexPhone comme une option accessible face aux ultrabooks et aux smartphones premium, tout en offrant une valeur ajoutée notable (multi‑OS). L’inclusion d’un hub USB‑C dans la boîte renforce la volonté de proposer une solution prête à l’emploi sans accessoires onéreux.

    Limites et défis à relever

    Plusieurs défis techniques et pratiques restent à surmonter :

  • l’expérience Windows en dual‑boot doit être réellement utilisable sur un SoC mobile — performance, compatibilité drivers et gestion thermique sont critiques ;
  • la politique de mises à jour et le support logiciel à long terme doivent être fiables pour garantir la pérennité de l’appareil ;
  • ergonomie et confort d’utilisation sous Debian sur un écran de 6,58” posent question — l’usage sur écran externe dépendra de la qualité de la sortie vidéo et de la latence ;
  • l’adoption par le grand public requiert un marketing clair : expliquer la valeur d’un tel appareil sans effrayer les non‑initiés.
  • Pourquoi ce projet est important

    Le NexPhone n’est pas une simple curiosité technique : il interroge la manière dont nous multi‑equipons notre vie numérique. À l’heure où l’on cherche à réduire notre empreinte et nos coûts, un appareil capable d’assumer plusieurs rôles offre une piste intéressante. Si Nex parvient à fournir une expérience homogène, stable et réellement productive, ce type de produit pourrait ouvrir une nouvelle catégorie de terminaux « convergence » accessibles.

    À surveiller

  • les retours des premiers testeurs lors des précommandes ;
  • la qualité réelle de Debian et de Windows sur le NexPhone en usage courant ;
  • la robustesse des mises à jour et du support dans le temps ;
  • l’écosystème d’accessoires fournis ou recommandés (moniteurs, docks, claviers USB‑C).
  • Le NexPhone illustre une ambition concrète : rendre la promesse d’un appareil unique utile plutôt que théorique. Reste à voir si l’exécution technique, la qualité logicielle et la stratégie commerciale suffiront à convaincre un public prêt à repenser sa relation aux appareils.

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