OpenAI vient de bouleverser son offre : ChatGPT Go, un nouveau palier d’abonnement économique, est désormais déployé plus largement, tandis que l’entreprise prépare des tests publicitaires dans les versions gratuites et Go. Ce double mouvement — plus d’accessibilité tarifaire d’un côté, introduction de la publicité de l’autre — risque de redéfinir la manière dont des millions d’utilisateurs interagissent avec l’IA au quotidien. Voici ce qu’il faut retenir, comment cela changera l’expérience et quels garde‑fous OpenAI met en place pour préserver la confiance des utilisateurs.
ChatGPT Go : un abonnement d’entrée de gamme qui change la donne
ChatGPT Go se positionne entre l’offre gratuite et les paliers payants existants. Affiché autour de 8 € par mois dans certains marchés (le prix peut varier par pays), il propose un accès plus fluide aux modèles avancés sans atteindre le coût du plan Plus. Concrètement, Go apporte plusieurs améliorations notables par rapport à l’offre gratuite :
un quota de messages nettement plus élevé (jusqu’à dix fois celui du plan gratuit) pour soutenir des échanges plus soutenus ;
la possibilité de téléverser davantage de fichiers et de générer des images, ce qui enrichit l’usage créatif et professionnel ;
un accès en continu au modèle GPT‑5.2 Instant, offrant réactivité et capacité de traitement améliorée ;
une mémoire conversationnelle étendue pour des dialogues plus longs et plus cohérents au fil des interactions.
Pour beaucoup d’utilisateurs qui utilisaient la version gratuite comme outil ponctuel, Go devient une option intéressante pour un usage quotidien sans l’engagement financier d’un plan Plus ou Pro.
Publicité dans ChatGPT : tests limités, mais symboliques
En parallèle au lancement de Go, OpenAI annonce des tests publicitaires ciblés, pour l’instant limités aux utilisateurs adultes des États‑Unis sur les plans Free et Go. L’architecture annoncée par l’entreprise vise à séparer strictement la publicité du contenu généré par l’IA : les annonces seraient affichées en bas des réponses, clairement identifiées comme « sponsorisées », et ne modifieraient pas la sortie du modèle.
Quels types d’annonces et quelles protections ?
Affichage contextuel : les publicités devraient apparaître uniquement lorsqu’il existe une pertinence entre la conversation et l’annonce (par exemple, une recommandation de produit liée à une question d’achat).
Étiquetage explicite : chaque publicité sera distinguée et accompagnée d’outils pour en comprendre la source ou la masquer.
Exclusions sensibles : OpenAI prévoit de ne pas afficher d’annonces pour les utilisateurs mineurs et d’exclure les conversations sur des sujets sensibles (santé, politique, santé mentale) de la monétisation publicitaire.
Protection des données : l’entreprise affirme que les conversations ne seront pas partagées directement avec les annonceurs, pour préserver la confidentialité.
Ces garde‑fous sont pensés pour limiter les risques d’influence ou de fuite de données tout en expérimentant un modèle économique complémentaire aux abonnements.
Pourquoi OpenAI franchit ce cap maintenant ?
Plusieurs motifs expliquent ce virage :
Accessibilité : proposer un plan abordable permet d’étendre la base d’utilisateurs payants et d’offrir une expérience de meilleure qualité à plus de monde.
Durabilité économique : la publicité peut diversifier les revenus et alléger la dépendance exclusive aux abonnements haut de gamme, surtout pour un service coûteux à exploiter.
Marché concurrentiel : face à la concurrence croissante, un positionnement tarifaire flexible et des options de monétisation permettent de capter différents segments d’utilisateurs.
En somme, OpenAI cherche un équilibre entre accessibilité, qualité de service et viabilité financière à long terme.
Impacts pour les utilisateurs : à quoi s’attendre ?
Amélioration de l’expérience pour les petites utilisations quotidiennes via Go : moins d’interruptions, plus de capacité.
Présence d’annonces pour les comptes non‑payants et Go : un changement d’habitude potentiel pour ceux qui tenaient à une interface « propre ». Les publicités pourraient distraire ou, si mal implémentées, nuire à la perception d’impartialité.
Conservation d’une option sans pubs : les abonnements Plus, Pro, Business et Enterprise resteront exempts de publicités, offrant une alternative pour les utilisateurs professionnels ou soucieux d’une expérience sans annonces.
Globalement, les utilisateurs disposeront désormais de plusieurs leviers : rester sur la version gratuite (avec pubs), opter pour Go (moins cher, mais potentiellement avec pubs), ou choisir un plan plus onéreux pour une interface sans publicité.
Questions et risques à surveiller
Même si OpenAI décrit des protections claires, plusieurs points méritent vigilance :
Séparation réelle entre publicité et contenu : il faudra vérifier sur le terrain que les annonces ne biaisent pas les réponses ni ne manipulent subtilement les recommandations.
Transparence et contrôle : les outils offerts pour identifier et masquer les annonces seront‑ils suffisants et faciles d’accès pour l’utilisateur moyen ?
Éthique publicitaire : quels types d’annonceurs seront autorisés et comment OpenAI évitera les contenus trompeurs ou inappropriés ?
Les prochains mois de test seront cruciaux pour mesurer l’impact réel de ces choix sur la confiance des utilisateurs et sur la qualité perçue du service.
Comment se préparer et que choisir ?
Si vous utilisez ChatGPT occasionnellement et souhaitez éviter les pubs, le plan Plus offre un mois d’essai gratuit et reste une option pour tester l’expérience sans annonces.
Si vous êtes un utilisateur régulier mais sensible au prix, ChatGPT Go peut être un bon compromis, à condition d’accepter la possible présence d’annonces.
Professionnels et entreprises : rester sur des plans payants supérieurs garantit l’absence de pubs et des fonctionnalités avancées (Pro, Business, Enterprise).
L’arrivée de ChatGPT Go et la mise en place de tests publicitaires marquent une étape importante pour l’écosystème des assistants IA. OpenAI tente d’ouvrir l’accès tout en testant des modèles de monétisation complémentaires. Reste à voir si l’équilibre entre accessibilité, qualité et éthique publicitaire tiendra, et si les protections annoncées sauront préserver la confiance des utilisateurs.